Editorial
Chaque jour, la terre est de plus en plus peuplée et encombrée, réduisant l'espace et les ressources naturelles disponibles pour toute une série d'espèces animales. Certaines arrivent à s'adapter plus ou moins facilement, et se contentent d'un nouvel environnement dans l'étendue urbaine.
D'autres ont moins de chance car non seulement ils sont encombrants par la taille, mais aussi par le comportement. C'est le cas de l'étalon. De tous les chevaux, c'est le mâle entier qui est le plus dur à héberger, le plus compliqué à gérer, et de toute évidence, le plus susceptible à développer un mal-être psychologique.
Peu de personnes ont la chance de posséder un étalon, et parmi ceux-là, il y en a encore moins qui ont la possibilité de leur offrir un environnement suffisamment étendu pour permettre des comportements sains.
Il nous a fallu littéralement des siècles d'observation des zoos pour conclure que certains animaux ne peuvent être confinés dans des espaces restreints et privés d'interaction sociale adéquate sans effets néfastes - l'éléphant étant un exemple typique.
D'ailleurs, il est possible de comparer l'éléphant et l'étalon à plusieurs niveaux, et les deux manifestent des comportements qui sont souvent dangereux pour leurs soigneurs lorsqu'on leur impose un environnement inadéquat ou inadapté. Mais, grâce à leur statut exotique, le sort des éléphants domestiqués éveille une grande compassion, alors que le sort de l'étalon domestiqué ne provoque même pas le moindre "bip" sur le radar de la société.
Nous arrivons de nouveau à la saison de monte dans l'hémisphère nord - des étalons sont acheminés à travers les cieux, et bien des juments seront inséminées sans la moindre courtoisie. C'est le moment idéal pour re-calibrer notre radar social.





