Avancer en harmonie avec la nature

Jeudi 23 Novembre 2017

Courrier des Lecteurs

De : Claire (réponses : 1)

Bonjour,

Je vais d'abord commencer par les remerciements ! Je suis ravie d'avoir enfin trouvé un magazine qui me ressemble. Il y a longtemps que je travaille sans mors (hackamore ou sidepull maintenant) et depuis peu sans fers... sous le regard ironique, incrédule ou blasé des autres cavaliers (et amis souvent) qui m'entourent. En résumé, ils me prennent pour, au mieux, une originale et au pire, une inconsciente et tous attendent que mes solutions m'apportent des problèmes pour commenter !!! Pas facile de résister mais bon je suis têtue ! Donc votre magazine m'apporte un soutien et l'espoir que d'autres font de même. En plus je peux le passer à mes amis pour leur prouver scientifiquement que mes choix sont tout à fait réfléchis ! J'aime également vos prises de positions très tranchées et sans compromis, loin des discours bien-pensants des autres magazines. J'ai également apprécié le papier recyclé... je ne crois pas que l'on puisse dissocier la sauvegarde de la planète du bien-être de ses occupants. Voilà, je ne crois pas avoir tout dit mais sûrement le principal.

Quant à mes questions, je m'interroge beaucoup sur la selle sans arçon. Est-elle vraiment, comme vantée dans la publicité, bien meilleure pour le cheval ? Y a-t-il des preuves ? J'ai par ailleurs un cheval qui souffre de sciatique, peut-elle être une solution ? J'ai également une barbe-arabe avec un dos très creux, cette selle pourrait-elle être bénéfique ?

Mon autre question concerne le fait de mettre un mors. Il est bien entendu que je monte sans mais par ailleurs j'attèle aussi et jusqu'ici je n'ai pas osé le faire sans mors (une seule fois en hackamore et je me suis fait embarquer puissance 10 par ma trotteuse...). Avez-vous une position sur le sujet ? Encore merci pour votre magasine en attendant vos réponses.

Cordialement.
Claire

Réponse de : PCN

Bonjour Claire,

Concernant les selles sans arçon et les brides sans mors vous trouverez des réponses dans l’article "Le dos du cheval" de notre numéro 7. Pour l’attelage sans mors, la technique SATS de Kayce Cover pourrait être une aide précieuse - voir les articles du no.6 et no.7 "Le SATS pour les chevaux".>>> Editions 2007

Cordialement,
L'équipe de la rédaction de Planète du Cheval au Naturel

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De : Anne Guilleret (réponses : 1)

Monsieur Beck,

Ayant lu avec beaucoup d’intérêt l’éditorial et l’article page 15 de votre n° 8 de PCN (et en pariant sur votre sens de l’humour) je me permets de vous adresser cette lettre ouverte sous le titre :

"Bienvenue au dummy club de Heidi ?"

C’est d’un coin de France profonde que je vous écris : j’ai dû fermer la fenêtre pour éviter d’être distraite par les chants d’oiseaux et je n’ai qu’à tourner le dos à mon clavier pour apercevoir mes trois chevaux qui confèrent paisiblement dans la cour, à l’ombre d’un érable.
Si je voulais " me placer ", je pourrais écrire un CV assez épais sur mon passé de cavalière puisqu’il a trente-sept ans que j’ai attrapé le virus – par où on sait, bien sûr, mais également par les rêves, puisque je n’arrive pas à me souvenir d’une période de mon enfance où je n’ai pas rêvé de chevaux ! En espérant ne pas vous lasser de mes " vantardises ", je voudrais pouvoir me situer. Début 1970, une quinzaine de jeunes Shetlands, tous entiers et évidemment pas débourrés à l’exception d’un seul, ont été débarqués dans un enclos (contigu au terrain militaire) près de ma ville (Dijon). Les petits volontaires ne manquant pas, un ancien spahi et un fils d’éleveur marocain nous ont donc introduits dans le monde équestre (ils n‘auraient pas le droit de le faire aujourd’hui sans monitorat)-. Reprises, carrousels, cortèges aux fêtes en ville, balades, courses, jeux, sauts d’obstacles et à-terre-à-cheval au galop nous sont devenus familiers, poignées de crins en main et à cru sur le dos de nos remuants compagnons. Deux ans plus tard, nous pouvions débourrer des poulains shetlands dans un département voisin (un des premiers élevages en France) : ces derniers étaient habitués au contact humain… et nous les montions en licol et à cru. D’autres cavaliers nous encadraient, sur leurs mères qu’ils retrouvaient alors pour quelques promenades tranquilles. Nous avions dix ans. (Donc, lorsque vous évoquez le débourrage des " chevaux de MK ", comprenez que ça ne m’est pas étranger.)

En prenant de l’âge et en fréquentant un autre club hippique, j’ai inévitablement tâté de la compétition – j’ai eu la grande chance d’avoir un petit cheval qui, en liberté (monté ou seul), ne résistait pas au plaisir d’aller " avaler " un vertical de bonne hauteur au milieu d’un manège désert. J’ai arrêté à quatorze ans, ayant vu ce que j’avais vu et compris que le plus important était en réalité de e surtout pas monter mieux que le fils des propriétaires du lieu… La même année, j’ai découvert le premier longtemps avant la mode des " nouveaux maîtres " - les Ed. Zulma ont d’ailleurs réimprimé " Je parle aux chevaux, ils me répondent ". Henri Blake m’a ouvert bien des horizons, déjà en mettant des mots sur certaines de mes expériences, ensuite en m’invitant, dans la mesure de mes moyens, à vérifier ses dires.
J’abrège. Il y a quatre ans que j’ai débourré mon dernier cheval (toujours à cru) dans ce même état d’esprit respectueux et attentivement joueur, éminemment satisfaisant pour tous les êtres en présence. Depuis, j’ai eu quelques problèmes de santé qui m’ont empêchée de monter comme avant – occasion s’il en est de lire plus souvent, de réfléchir. Et finalement, de vous écrire ceci, M Beck.

Votre dernière couverture et votre éditorial " Le style ou la substance " sentent bon l’intrépide polémique. Et j’imagine que ce que vous dites à propos du Dr Strasser est assez vrai. Il n’empêche que, dans votre DVD " Premiers ", dans une scène on la voit conférer doctement et, dans une autre, tirée à quatre épingles (en tenue du XIXème siècle ?), elle étrille vigoureusement (mécaniquement ? férocement ?) un cheval qui frémit en lui jetant de brefs coups d’œil en biais. En couverture et dans l’édito ., contraste : on ne lui voit même pas le bout du nez parce qu’elle est agenouillée en chaps boueux, s’attaquant à l’antérieur d’une pauvre bête (que l’on espère seulement anesthésiée ? Je plaisante mais voyez, c’est si facile de mal interprèter…)
Page suivante, il y a la photo d’un mannequin ficelé-fixé sur le dos d’une alezane. Photo de Frédéric Chéhu, qui ne manque certes pas d’expérience, puisque la jument avait l’oreille extérieure tournée moitié devant elle-moitié vers le public et l’intérieur tourné vers le centre du cercle. Elle devait être au grand trot et son œil exprime un étonnement proche de la curiosité, mais pas l’affolement. Plus l’affolement, j’ai vu cette jument au passé tragique – ainsi que les quatre autres chevaux qui faisaient partie de l’ " audience " de Monty Roberts début mars à Fontainebleau. Alors si ce fameux mannequin est un artifice comparable à l’abominable instrument de torture du Pr Sample, perle d’un XIXème siècle décadent, autant dire que le Dr Strasser devrait se servir uniquement de ses dents ou, pourquoi pas, d’une râpe en tricotin pour parer les pieds des chevaux !

Que ce soit " en style ou en substance ", il s’agit là, de ma part comme de la vôtre, d’un summum de mauvaise foi. Bien digne du dummy club de Heidi.
J’ignore, M. Beck, si vous étiez présent, ou si vous ne parlez que de ce qu’on vous en a rapporté. Mais aviez-vous attentivement examiné la seconde photo, p 15 de votre revue, où Monty Roberts et " sa petite coterie " mettent ou remettent en selle la brillante Heidi ? Bien entendu, les trois hommes se tiennent prudemment à distance de bras de la jument explosive. Ils ne sont pas à quatre pattes sous son ventre, en train de faire des pâtés de sable. Mais si les hommes sont tous du même côté d’elle et si elle se trouve presqu’au centre, loin des grilles, ce n’est pas par hasard. C’est pour lui laisser la place pour se dérober si elle juge que cela devient trop dur à supporter pour elle. Et, minuscule progrès, elle commence à faire l’expérience que ces hommes aux gestes lents mais déterminés ne lui font pas de mal. Pas plus, pas moins. Contrairement aux autres chevaux de la démonstration, on ne peut pas dire qu’elle n’ait pas transpiré ni eu peur à certains moments : mais pas à celui-là.

Chose curieuse, c’est pendant la séance la plus mouvementée que Monty Roberts s’est montré le plus enjoué et qu’il a effectivement fait rire partout dans les gradins (j’en reparlerai). Il avait d’ailleurs annoncé que plus ce serait difficile, plus il allait s’amuser, et il invitait le public à faire de même d’un " Si ça ne vous amuse pas d’être avec les chevaux, laissez tomber. " Est-cela, bannir toute discipline et flatter un public frivole en humiliant une pauvre bête ? pour l’affoler, l’épuiser, le tout dans le but caché de l’acculer au désespoir et à l’horrible passivité qui s’ensuit ? Où étiez-vous donc, quand Monty Roberts a dit que ce mannequin était une mesure exceptionnelle pour éviter de blesser ses collègues, et en aucun cas une panacée ?
La démarche affichée, toujours réaffirmée et parfois tenue d’offrir des informations sur le " Cheval au naturel " dans votre revue n’échappe pourtant pas au brouillage ambiant. La perfection n’est toujours pas de ce monde, et tant mieux, car il nous restera toujours à apprendre les uns des autres – et des chevaux !

Pour mieux illustrer mon point de vue, laissez-moi citer deux articles de votre revue. Parlons un peu du " monde scientifique et de la discipline mentale " dont vous vous faites l’émule – par opposition au seul spectacle dégradant. En automne 2005, perle du colloque d’éthologie scientifique de Rennes, le Dr Deborah Goodwin nous apprend que si le cheval rejoint l’homme au milieu du rond de longe, c’est parce qu’il se rend compte qu’au cas où un prédateur surgirait, c’est cette petite chose si lente au démarrage qui se ferait dévorer. Si, si : le cheval pense qu’il a plus de 50 % de chances de s’en sortir comme ça. C’est scientifique. Mais c’est bien sûr, voilà le genre de chose que Monty Roberts nous cache sous prétexte de " join-up " ? En lisant cela, j’ai vainement retourné la page dans tous les sens dans l’espoir d’y dénicher en tout petit (comme dans les articles de " publi-information ") quelque indication du style " joke-information ". Hypothèse scientifique : qui sait si cette excellente personne, déjà à la petite école, ne cherchait pas à s’acoquiner avec plus bête qu’elle pour apparaître brillante ? Bon début pour une carrière universitaire ! Autre exemple, un article sur Michel Robert présenté comme un authentique-cavalier-compétiteur zen. Sauf qu’en été 1990, lors de la sinistre " affaire Schockemöhle ", du nom de ce cavalier de haut niveau international qui avait été " pris la main dans le sac " c’est-à-dire sur la barre cloutée, un coin de voile a été levé sur ces méthodes d’entraînement aussi cruelles que… courantes et taboues (jusques et y compris dans les milieux amateurs). Quel rapport avec Michel Robert ? Eh bien, entre autres, il était intervenu en disant que " c’était avec de telles méthodes que l’on obtenait des chevaux rétifs " comme si ce n’était que des racontards. Mais Xavier Debreuille, dans la jeune revue " Cheval pratique " (d’oct. 1990), ne s’y était pas trompé : " Ces lignes feront certainement sourire nombre de cavaliers ayant recours à cette pratique " concluait-il. Animaux craintifs par nature, il est indéniable que la majorité des chevaux sélectionnés dans nos élevages peuvent être méthodiquement " déséquiniser " (par des gens déshumanisés) pour n’être plus que de performantes machines à sauter. Et rares seront ceux, cavaliers compris, à savoir les distinguer de leurs homologues encore pourvus de sensibilité et de caractère, tant ces derniers se font rares eux aussi ! Mais qui Michel Robert essayait-il de tromper, à l’époque ? Et n’aurait-il pas à cœur de mieux se situer lui-même ? Car cela, ils n’ont pas peur de dire parfois " je n’avais pas compris ça ". Alors, s’il faut tracer une ligne-frontière entre les uns et les autres, voilà) où passer ma craie.
Car même en vous faisant l’apôtre du cheval et rien que du cheval, votre revue est achetée non pas par les chevaux, mais par leurs cavaliers et/ou propriétaires – vous l’avez d’ailleurs fort bien dit dans votre édito. De mars-avril dernier : " il faut trouver une couverture qui attire l’attention, si nous ne restons pas compétitifs, nous ne survivrons pas ! " Est-ce en piétinant rageusement certains et en en portant d’autres aux nues que vous allez favoriser le sens de l’observation, le goût du questionnement et de la réflexion : vos lecteurs vont-ils y gagner en autonomie dans le respect du cheval ? Si, comme dit le proverbe, " dans la natation il y a un facteur important, c’est l’eau ", il est bien entendu que dans l’équitation c’est le cheval.
Pourtant, qu’il soit logé chez vous, chez moi ou chez quiconque, le cheval n’est jamais purement au naturel ! Cheval le plus au naturel possible, triste prisonnier en box ou délaissé au fond d’un pré, bête à concours ou sujet d’étude pour universitaire en mal d’éthologie : partout il est notre miroir grossissant. Si face à lui, nous nous cachons derrière d’autres motivations, si nous détournons systématiquement les yeux, alors cette partie de notre âme, faute de se refléter et de ricocher dans l’âme ce grand-petit frère muet, courra le risque de rester atrophiée. De devenir inaccessible. Et bienvenue au dummy club.

Comme promis, je vais terminer ce long courrier par mon avis sur ce qui vous a tant choqué, ce " comique " dans la séance de Monty Roberts.
Au préalable, deux petites histoires. J’a eu à débourrer un jeune Islandais " très réactif ", comme on dit, ayant été brusqué chez son éleveur. Je l’avais au pré depuis quelques jours et je commençais à pouvoir l’approcher, non sans prendre mille précautions. Puis j’ai eu deux petits enfants de quatre-cinq ans à garder une journée : pas de souci pour les occuper, commençons par sauter sur les taupinières, c’est une excellente façon de dépenser son trop plein d’énergie ! Vu le niveau sonore qui en résultait, je me suis dit : " Ca y est, il va aller se coller derrière les autres ou se sauver à l’autre bout du pré. " Trente ans de métier, je peux au moins prévoir ça ? Eh bien non ! J’ai d’abord vu ce sauvageon scotché, comme prévu. Puis il s’est avancé à grands pas… puis au petit trot, droit sur les enfants : il leur a soufflé dans le cou en les chatouillant (nullement gêné par leurs gesticulations) et leur a embrassé les cheveux comme pour se dire : " Hé, ils ont ça aussi, des enfants qui savent rire, c’est génial ! " Et de me voir si bien accompagnée l’a amené à me faire davantage confiance. La seconde histoire est celle d’une amie dont la jument pur-sang de quatre ans s’était mise à l’embarquer ventre à terre. Déjà à l’extérieur… puis au manège. Et dans le clu b où elle était, la martingale fixe était LA solution (bonjour les encolures de cerf). Le morceau de cuir n’ayant aucune importance en soi, je le lui ai ôté au milieu du manège. Deux-trois autres personnes sont arrivées pour voir ce qui se passerait après ce sacrilège et, une fois en selle, j’ai fais le pitre : " faites comme si elle avait encore sa martingale, vous tous ! Parce qu’elle, elle ne sait pas que je l’ai enlevée, alors chuut " etc. Au milieu des rires, je lui demandé un gentil petit galop pratiquement rênes longues qu’elle m’a donné sans souci. Hélas, peu après elle s’est fauchée dans un tournant du même manège en embarquant raide mon amie.

" Martingale fixe ! ", a clamé la reine du lieu dont c’était le leit-motiv (" Anne ? C’est pas pareil, elle a eu de la chance, c’est tout "). C’est une vieille histoire déjà et, avec le recul, je dirais deux choses. Déjà que cette amie était douée et désireuse de bien faire, très appliquée à suivre les instructions des autorités. Aucun mal à ça bien sûr. Sauf que sa jeune monture ne se sentait pas tellement rassurée avec elle – bien qu’elle soit bonne cavalière : elle n’est tombée que très rarement, pourtant il y avait de quoi ! – d’où les embarquements systématiques. Ensuite, elles aimaient toutes deux la vitesse : l’entraînement en manège ou en terrain d’obstacles les barbait quelque part. pour la cavalière, pas question de se l’avouer, mais le fait est qu’elle ne ralentissait sa bête qu’à contre-cœur (juste pour éviter qu’elle pulvérise les barres). Et la jument réagissait à son dilemme. D’où cette situation un peu tendue, car elles étaient réellement très attachées et sensibles l’une à l’autre. Mon chahut improvisé les avaient totalement déroutées et la jument s’était alors conduite comme la monture docile qu’elle était au fond – elle aura été la seule à croire à cette martingale invisible.

Voyez-vous où je veux en venir ? Après avoir vu cette alezane, choisie pour la démonstration, se conduire comme un joli petit échantillon de nitroglycérine, tout le monde dans les gradins retenait inconsciemment son souffle. Pensez, un public composé à 100% de cavalier(e)s ne pouvait pas faire autrement que d’anticiper la parabole avec atterrissage douloureux ! Sur ce, notre grand chef, fort de sa connivence toute neuve mais bien réelle avec la jument (via un join-up), a entrepris de détendre… le public. Car vous n’êtes pas sans savoir que les chevaux " captent " les sentiments ambiants et y réagissent. De plus, la nouveauté que ce mannequin représentait pour la jument a également détourné son attention à elle. Foin des éthologues diplômés, le cheval n’est pas équipé pour " penser à " trop de choses nouvelles en même temps. La laisser retourner trotter sur le cercle avec cette chose curieuse sur le dos a servi à lui sortir de la tête l’idée de ruer (ce réflexe acquis). Ainsi, la gêne physique occasionnée par la ficelle " anti-ruade " deviendra peu à peu inutile. J’étais là, et je peux vous affirmer que cette jument n’a subi ni paroxisme de panique, ni épuisement physique. Et bien que n’étant pas plkus télépathe que la moyenne, je peux vous garantir que la pensée de cette belle alezane n’était pas : " Pourquoi me ridiculiser ainsi, avec Heidi tressautant sur mon dos – comme si j’allais la prendre pour une vraie cavalière ! Tomber plus bas n’est as possible. " Au contraire, elle a vécu une première expérience où personne n’avait peur d’elle ni n’était furieux contre elle, centre de l’attention d’un vaste cercle de gens détendus. Qui resterait insensible, voir hostile à une semblable ambiance de travail ? Dans ce cas, bienvenue au dummy club.

Pour conclure, les problèmes que nous avons avec nos chevaux – et avec nos " nouveaux maîtres " par extension – sont nos problèmes. Pas de problèmes pour les autres, ni ceux des chevaux (même si ces derniers en sont la conséquence). M. Beck, là en personne – ressentir " nausée et aversion " pour le travail de Monty Roberts ? Et rédiger éditorial et article en réduisant sa démonstration à l’épisode du mannequin, aussi manifestement mal interprété ?… Il y a forcément une autre raison.

Parce que ce soir-là , non seulement de l’anglais a été traduit en français mais, beaucoup plus rare, l’ "équus " (ou tout autre nom qu’il vous plaira pour désigner le langage du cheval) a été traduit ouvertement, d’une manière didactique et claire, à qui vouait se donner la peine de regarder. Car je connais suffisamment l’accent de ce langage-là pour pouvoir détecter une supercherie. Et je n’affirme pas ça " du haut " de quelques décennies d’expérience, mais forte de nombreux étonnements, de ratés, de remises en cause et d’observations renouvelées aussi souvent que j’en ai été capable. Bien sûr, c’est toujours quelque part une porte magique qui s’ouvre entre deux espèces douées d’âmes mais si lointaines, si différentes. S’adressant dans leur propre langue à des chevaux d’âges, de passés et de caractères chaque fois différents, malgré un schéma voisin, Monty Roberts n’a jamais agi deux fois exactement pareil ! Alors, ce langage-cheval devenu invisible, l’ai-je rêvé ? Non, parce qu’être sur place m’en a appris autant que je pouvais en observer . Même si, faute de temps, il n’a pas commenté chaque geste ni expliqué absolument tous ses choix, il nous a donné à voir plus qu’il n’a cherché à nous convaincre.

Même si j’ai vu aussi, indissociable du côté américain, son côté business. Voil un mot qui, contrairement au langage des chevaux, se passe de traduction. Il est vrai qu’à chaque pause, il a fait l’article pour ses licols, CD et bouquins. Et alors ? Quelle différence avec les publicités en régulière augmentation dans votre revue ? Je ne me suis pas sentie obligée de consommer et, à supposer qu’à mon âge j’apprenne enfin l’anglais, je ne me verrais pas partir en stage de l’autre côté de l’Atlantique. le fait que Monty Roberts fasse payer pour enseigner est normal (cinquante euros seraient exhorbitants pour plusieurs heures de démonstration ? it’s a joke). Qu’il ait créé chez lui une académie hyper-organisée, qu’il ait déposé des brevets sur sa méthode, etc. ne me concerne guère, c’est son problème. Mais ce que je sais, c’est que cet homme connaît le langage des chevaux ! ce qui lui permet, dans ses livres, de raconter les histoires également humaines dont notre époque a le plus urgent besoin. Est-il superflu d’explorer les racines de la violence ?… Il n’est pas le seul à aller dans ce sens, si je pense aux livres de Françoise Anstett et Donald Newe, et à d’autres. Certains articles de votre revue vont dans le même sens, magnifiquement illustrés par les photos de Mike Paulin. Et les témoignages sur les chevaux " pieds-nus " sont géniaux (car même si vous prêchez une convertie, puisque je pare moi-même mes chevaux rt ceux en pension depuis vingt-cinq ans, j’ai énormément appris grâce à votre revue !)
Car s’il s’agit de s’entraîner à communiquer le mieux possible dans cet étrange et subtil langage équin, il ne s’agit pourtant jamais " que " de ça, mais d’apprendre également à se connaître soi-même ce faisant. Comment progresser, sinon ?

Au point où j’en suis, je finis de vous raconter cette soirée de mars à Fontainebleau, savez-vous quel a été le mot de la fin ? Cette petite phrase qui nous en apprend tellement plus sur les gens que sur leurs chevaux ? Après avoir vu son grand cheval dominateur suivre Monty Roberts en main puis en liberté jusqu’à oublier qu’il tenait le micro, a murmuré : " Oh… j’ai l’air d’un con, maintenant. " Et pourtant… nous autres humains avons toujours le choix. Continuer " d’avoir l’air " jusqu’à cette fin fatale ? Ou prendre peu à peu conscience des apparences, des illusions qui parasitent nos perceptions et nos vies et, qui sait, laisser la place qu’elle mérite à la réalité ? Bien sûr, vous pourriez être tenté d’interpréter ; " Qu’est-ce que je disais, ce vieux cabotin de " Pr. Roberts " a atteint son but : se sentir le meilleur ! C’est trop facile avec de pareils propos du Dr. Strasser avec en sous-titre " tuer le messager… " est tout aussi valable ici.

Que ce soit de manière privilégiée dans notre quotidien, ou par quelque effluve nostalgique d’un passé nomade de plein vent, nous sommes tous liés aux chevaux. Pour cela, devenir davantage humains nous les fera toujours davantage apprécier pour eux-mêmes – nous invitera à prendre le temps de les côtoyer… je ne dirais pas sans a priori, c’est à mon avis une illusion, mais en tenant compte de nos présupposés et en libérant nos facultés d’observation pour les modifier si besoin est. Il arrive que ça soit amusant – question de caractère plus ou moins joueur -, mais personne n’a dit que c’était facile.
Je vous remercie en tout cas beaucoup de m’avoir offert cette occasion d’écrire, car je suis persuadée qu’un dialogue est possible entre nous. Mais tout de même, M. Beck, excusez cette dernière hypothèse mais pour avoir été autant marqué par le sort de cette malheureuse Heidi, n’auriez-vous pas un faible pour les blondes ? Parce qu’en réalité, ce n’était qu’un mannequin de mousse, ni humain ni animal n’a été blessé dans l’histoire. Alors, puis-je attendre votre réponse à quelques questions des paragraphes précédents – quittons sans rancune le dummy club ?

Meilleures Salutations.

Anne Guilleret

Réponse de : Mike Paulin

Chère Anne,

Merci de votre lettre bien piquante. Vous avez conscience, vous aussi, du fait que dans le monde équestre, beaucoup gens, cavaliers ou non, ne veulent voir que ce avec quoi ils sont d’accord et que pour d’autres choses, ils n’en voient pas le côté sombre et l’oublient. Prenons l’exemple de la photo de Frédéric Chehu, où vous avez si justement remarqué l’oreille extérieure tournée moitié devant elle, moitié vers le public et l’intérieure tournée vers le centre du cercle. Par contre, vous avez laissé de côté le fameux " buck stopper " ( la corde fine ), attachée de manière fixe à la selle et dans la bouche de la jument. Un tout autre détail mais qui peut fait très mal au cheval !

En tant qu’éditeur de Planète du Cheval au Naturel, mon but est de faire partager à nos lecteurs les différents points de vue et c’est la raison pour laquelle je choisi de publier votre lettre ouverte sur cette page. Il en va de même (dans le no.9) pour l’interview de l'"équitologue" Michel Bravard ainsi que d’autres sujets sur lesquels je ne trouve pas qu’il me faille nécessairement être d’accord pour les présenter.

Dans notre société actuelle, parmi les droits qui nous restent, celui auquel je suis le plus attaché est celui de la liberté d’expression et de la presse.

Mike Paulin
directeur de la publication du magazine Planète du Cheval au Naturel

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De : Marjorie

Cher Cheval au Naturel,

Merci d’oser mettre le doigt sur ces sujets que personne n’ose aborder par peur du ridicule, du regard des autres et autres excuses trop faciles. Et surtour merci de les traiter de telle sorte que le champ des perspectives reste largement ouvert afin que l’on ne s’engoufre pas (encore !) dans d’autres idées reçues et toutes prêtes.

Merci de nous offrir le questionnement permanent (et parfois même déroutant !) et non les réponses, pour nous permettre notre propre remise en question. Merci pour les rencontres que vous nous permettez et que vous induisez (participation au stage d’octobre chez les chevaux d’Equilibre, avec Pierre, Carol, Paul, Pablo et mes autres “collègues stagiaires” que j’embrasse fort) qui nous libèrent la tête. Faites surtout que votre ligne de penser et de raisonner ne change jamais. Bravo et merci pour la liberté de penser. Et merci à tous les chevaux du monde entier, sans qui rien de tout cela n’existerai...

Marjorie

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De : Lilith

Bonjour à tous,

Avant tout je voulais vous remercier car vous ou vos sites ont d'une manière ou d'une autre, répondu a beaucoup de questions que je me posais sur la façon d'aborder mes chevaux. Pour cette raison, je voudrais aider des gens qui comme moi cherchent ce qu'il y a de mieux pour leurs amis équidés.

Je viens de créer un forum de discussion sur "les équidés au naturel" et je voulais par le biais de ce message, vous informer que je me suis permise de citer vos sites Internet dans les Liens. Bonne continuation et à peut-être à bientôt

Lilith

Le forum: http://equi-naturel.actifforum.com

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