Dr Marthe Kiley- Worthington (suite)
L'expérience de la vie
La relation particulière que Marthe Kiley-Worthington entretient avec la gent équine, et qui lui vaut aujourd'hui d'être considérée comme « la Dian Fossey des chevaux », s'est construite dès son adolescence. Elle commence à élever des chevaux dès 1959, sans en faire au départ un sujet de recherche universitaire. A cette époque, personne ne s'intéresse à leur bien-être, et l'expérience de Marthe la conduit peu à peu à devenir « consultante », jusqu'à ce qu'elle se décide à écrire un livre qui fera date, Le Comportement des chevaux (éditions J.A. Allan, 1981) - traduit en de nombreuses langues et plusieurs fois réédité.
Difficile de résumer cette riche carrière consacrée aux mammifères, difficile aussi de généraliser les résultats, les « règles » qui pourraient permettre d'améliorer leur qualité de vie. « Il y a trop de gens qui se permettent de dire "il faut faire comme ça" et pas autrement », affirme Marthe.
Oberlix, l'étalon fétiche de Marthe Kiley-Worthington, avec sa fille Shemal.
« Les chevaux ne sont pas différents des hommes, ils apprennent pendant toute leur vie, et chacun d'entre eux a ses particularités. Ce qu'on appelle leur instinct inné n'a pas beaucoup d'importance, il s'agit seulement de tendances ; c'est l'expérience de la vie qui les façonne, et chaque individu a sa propre expérience.
Par exemple, on dit que les chevaux arabes sont plus réactifs que les autres. En fait, les gens attendent d'eux qu'ils le soient, et ils ont un comportement particulier qui fait que le cheval apprend à être comme ça. En réalité, ils peuvent être parfaitement relaxés. L'homme a trop d'idées préconçues en ce qui concerne les chevaux, qu'on pourrait assimiler à une forme de racisme. Si certaines caractéristiques sont plus développées chez certains d'entre eux, c'est d'abord à cause de leur expérience de vie, de leur éducation, du fait qu'ils se sont concentrés sur telle ou telle activité... »
photo © Mike Paulin





