De l’autre côté du miroir
Hippophagie
Hippophagie : du grec hippo, « le cheval », et phagie, « la nourriture ». Ce mot un peu barbare désigne une pratique qui n'a cessé de diviser les hommes et de faire polémique. Doit-on considérer le cheval comme un animal de boucherie ou comme un animal de compagnie ? Le débat est ouvert. Sans doute n'est-il pas prêt de s'épuiser !
Les « pour »...
Les éleveurs de chevaux font remarquer que sans le marché hippophagique, certaines races de chevaux de trait auraient tout simplement disparu, ne correspondant pas au type de cheval recherché par la jeune génération de cavaliers. Certains affirment en outre la valeur nutritionnelle de la viande de cheval, laquelle serait particulièrement maigre et riche en fer. Cette information est largement diffusée dans les boucheries chevalines par les organismes chargés de promouvoir la consommation de viande équine. Enfin, l'argument principal défendu par les éleveurs et les hippophages se résume en une question : pourquoi défendre un cheval plutôt qu'une vache, un cochon ou un mouton ? En quoi le cheval serait-il plus noble et devrait-il par conséquent échapper à l'abattoir ?
... et les « contre »
Pour les amis des chevaux, le fait de s'abstenir de manger leur viande est avant tout une affaire émotionnelle. Une relation historique existe entre l'homme et le cheval. Des liens solides ont été tissés et entretenus au fil du temps, et ces liens sont souvent aussi forts que ceux qui unissent l'homme et le chien. Dans les esprits, le cheval se situe à mi-chemin entre une bête utilitaire et un animal de compagnie. Il est considéré par beaucoup comme un animal domestique au même titre que le chien ou le chat. Tout comme on ne mange pas son chien, « Un cheval, ça ne se mange pas ! », scandent les associations qui luttent contre l'hippophagie. Mais au-delà du seul aspect émotionnel, les protecteurs dénoncent les conditions de transport et d'abattage des animaux.




