La vie secrète des étalons
RENVERSER UN TOTEM CULTUREL
Les "combats d'étalons" ont inspiré de nombreux artistes depuis des siècles, ce qui est tout à fait compréhensible vu l'impact titanesque de vitesse physique et de puissance que cela représente.
Cette image est si puissante et si profondément enracinée dans nos esprits et notre mémoire, que pour beaucoup d'entre nous l'agressivité primitive et la force violente sont devenues des notions associées à l'étalon, créant ainsi une sorte de totem culturel.
PRELIMINAIRES NATURELS
Dans le processus naturel de séduction, la jument et l'étalon sont ensemble bien avant les chaleurs, et la progression du cycle hormonal entraîne un développement graduel de l'intérêt mutuel. L'étalon abordera toujours la jument pour la toucher sur l'avant et le côté, avec une attention particulière pour "l'aisselle" de l'antérieur. Cela permet à la jument de donner un coup de pied vigoureux et d'émettre un cri aigu pour exprimer qu'elle n'est pas tout à fait prête, sans blesser l'étalon.
On comprend aisément qu'un grand nombre de juments vierges puissent très mal réagir à l'absence de tels préliminaires lors d'une saillie en main, et qu'elles donnent des coups de pieds provoqués par la crainte. L'expérience est tout à fait stressante pour la jument et - malgré le respect dû à ceux dont la sensibilité pourrait être offensée par une telle comparaison - elle est à mon avis, une forme de viol assisté.
IL FAIT PARTIE INTEGRANTE DU DEVELOPPEMENT SOCIAL
On a longtemps pensé que, même inconsciemment, l'étalon contribuait peu à l'éducation des poulains. Ça se comprend, puisque notre concept de la paternité est celui du "soutien de famille" (ou, plus exactement, du "chasseur de viande"), un rôle qui n'a aucun équivalent chez les herbivores.
Nous avons pourtant d'autres comportements "paternels" en commun avec nos cousins équins - car ils sont certainement nos cousins - comme celui du protecteur, de l'éducateur et de celui qui donne l'exemple dans les interactions avec tout ce qui n'est pas équin. Même s'il n'y a pas de preuve physique directe qui soutienne l'idée que l'étalon fasse partie intégrante du développement social du jeune cheval, peut-on dire qu'il existe des preuves empiriques ? Absolument.





