Pieds-nus ou pas pieds-nus
Interview avec Dr. Méd. Vét. Philippe Garcia et Olivier Hernanz, maréchal-ferrant converti au parage-naturel
PCN : Quelle est la différence entre un parage simple, qui donne au maréchal l’impression de ne pas avoir fini son travail, et le parage naturel qui est un travail fini ?
Philippe : Notre enseignement nous conditionne à ferrer les chevaux, c’està-dire à voir la ferrure comme l’aboutissement du parage.
Olivier : A l’école de maréchalerie, on nous conditionne aussi pour que le parage soit suivi de la pose d’un fer. Donc quand on fait un parage, on prépare le pied à recevoir le fer et le pied prêt à recevoir le fer est à l’opposé du pied paré naturellement. Les deux principes sont fondamentalement opposés. je crois que les gens compétents dans ce milieu devraient se réunir et essayer de réviser la formation de maréchalerie. 80 % de ce que l’on nous y apprend en cours est faux, jamais la ferrure n’est considérée à partir d’un point de vue naturel.
PCN : De nos jours, en France, n’importe qui peut proposer ses services de parage et être rémunéré pour cela, même s’il n’est pas maréchal-ferrant ?
Philippe : C’est exactement le même problème avec la dentisterie, l’ostéopathie, l’éthologie et récemment l’étiopathie. A un moment donné, il y a un besoin, une demande de la part du monde du cheval et si ce besoin n’est pas couvert par les soi-disant professionnels qui devraient s’en occuper, il y a toute une faune d’opportunistes qui va foncer dans cette niche, il y a des gens qui vont le faire très bien et puis il y en a d’autres qui vont le faire très mal, souvent ceux-là disparaissent mais avant de disparaître ils ont fait du mal.




