Une prairie au fond des yeux
La prairie claire, la lumière à demi voilée du soleil, un oiseau qui chante, un cheval. Vraie prairie, vraie lumière, vrai oiseau, vrai cheval ; et rêve malgré tout.
Il serait absurde de penser à un monde où il n'y aurait pas de chevaux.
Et eux ne laissent pas de cicatrices.
Non. Elles ont quelque chose d'un faux-semblant, tu dois le savoir, elles ont quelque chose de faux et de tellement naturel et justifiable, pardonnable, mérité.
Tu sais, ce jour- là j'ai vu mourir un cheval noir, peut- être je te l'ai dit, et juste après sa mort, là devant moi à mes pieds, le temps d'un éclair, j'ai vu l'âme de ce cheval et je l'ai comprise et j'ai compris en même temps que de ce fait je comprenais tous les chevaux qui avaient jamais été et ne seraient jamais. Tu vois.
Et ce n'est pas une cicatrice qu'il m'a laissée non, et je ne sais pas ce que c'est parce que je m'imaginais à ce moment qu'il y avait quelque chose dans cette mort qui pourrait me révéler ce que le monde était ou était en train de devenir mais il n'y avait rien de tel.
-L'univers égalise toujours le score.
-Non.
-Il devrait ?





